L'Auberge Flamande
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Chambres d'hôtes
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En 1764, les jésuites anglais quittent le monastère qu'un visiteur décrit à l'époque en termes enthousiastes. L'édifice, de construction récente, comprenait une riche chapelle avec quatre autels, une salle de fêtes réservée aux scéances académiques, de spacieuses salles d'études et de récréations, des classes et des dortoirs parfaitement aménagés, une brasserie, une boulangerie, une cordonnerie, une lingerie, un magasin d'habillement pour maîtres et élèves, une menuiserie, un atelier de charpenterie et même une pharmacie.
La pension ne coûtait que 20 livres sterlings (ce témoin ne nous renseigne pas, il est vrai, sur les cours du change). Le collège abritait plus de cent internes répartis en trois sections : anglaise, flamande et française. Les jésuites seront remplacés jusqu'en 1768 par des prêtres de la mission anglaise, qui tombèrent en désaccord avec l'évêque de Saint-Omer au sujet de la possession des biens de l'ancien monastère. Le procès, porté devant la Conseil d'Etat le 12 mai 1766, se terminera en 1769 en faveur de l'évêque de Saint-Omer reconnu, par arrêt du Parlement, seul propriétaire du monastère. Pour éviter des dépenses nécessitées par les réparations, il fit démolir tous les bâtiments du monastère, la tour exceptée, et les murailles qui formaient le jardin. Avec les matériaux de démolition, il se fit construire une maison de campagne et une ferme. Les biens du monastère resteront rattachés à l'évêché de Saint-Omer jusqu'à la Révolution française qui l'en dépossédera. Les bâtiments qui subsistaient sur l'emplacement de l'ancien monastère furent vendus comme biens nationaux sous le nom de "chateau provenant de l'évêché de Saint-Omer" le 22 décembre 1792.
C'est au tour de la Terreur (9) de s'installer dans le Pas-de-Calais et le Nord. On peut lire, au sujet du dernier seigneur de Watten, dans l'histoire de Joseph le Bon, la narration suivante :
" Le 4 Floréal, An II, le tribunal révolutionnaire d'Arras condamnait, à la peine de mort, le Marquis Louis-Auguste de la Viefville, né à Steenvoorde, âgé de 71 ans, Isabelle de la Viefville, sa fille âgée de 22 ans, mariée à M. Eugène de Béthune, et Marguerite Farcinaux, lingère, née à Valenciennes, âgée de 44 ans, au service de Madame de Béthune. Les trois susnommés furent convaincus d'êtres les auteurs ou complices de la conspiration ourdie contre le peuple français et sa liberté, ayant, par les soins qu'ils ont pris d'enseigner à un perroquet à proférer les mots odieux " Vive le Roi ", provoqué le rétablissement de la royauté et de la tyrannie.
Monsieur de la Viefville avait rapporté de Bruxelles un perroquet qui avait appris dans sa première éducation à crier : " Vive le Roi ". Le perroquet , principal témoin, à charge, ayant été porté au tribunal par un gendarme malgré les agaceries des juges et des jurés, ne voulut jamais crier : " Vive le Roi ", et se contenta de siffler. "
Les nouveaux acquéreurs de Sainte-Marie-du-Mont voulurent, après la Révolution, démolir la tour de l'église du monastère conservée par l'évêque de Saint-Omer, Hilaire de Conzié, mais défense leur en fut faite par l'autorité administrative. Acquise par le gouvernement en 1822, en même temps que le terrain qui la supporte, cette tour servait, dit-on, de point de repère aux navigateurs. On l'aperçoit de loin avec le vieux moulin qui faisait aussi partie de l'abbaye.
Depuis le décret du 15 janvier 1790, Watten fait partie du département du Nord et du canton de Bourbourg : elle a perdu le titre de ville que ses administrateurs n'ont pas cru bon devoir lui faire reprendre, certainement parce qu'il aurait dû en coûter quelque argent. Watten n'est plus alors qu'un bourg avec son conseil municipal, son maire, son adjoint, son percepteur, son garde-champêtre, le 9 novembre 1800 (18 Brumaire, An V), un coup de vent renversa la flèche élégante qui surmontait la tour de l'église paroissiale et qui n'a jamais été reconstruite.

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